Bérengère Leydier
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Efficacité relationnelle Approche Gordon
Accompagnement parental - Résolutions de conflits - Révélation de soi

« Elle m’a saoulé la prof de physique ! »

12/09/2021

« Elle m’a saoulé la prof de physique ! »

Une semaine après la rentrée, vos enfants ont certainement exprimé des choses sur leurs nouveaux profs/instit ou leurs camarades ou encore l’ambiance dans la classe. Comment avez-vous accueilli ces premières impressions ? Vous sentez-vous disposés à écouter leurs commentaires sans les juger, qu’ils soient négatifs ou positifs ?

La rentrée a eu lieu il y a quelques jours à peine, et déjà, les complaintes se suivent les unes derrière les autres.

Quand votre enfant vous dit :  « J’aime pas mes copains » ou « La voix du prof d’Histoire Géo est tellement énervante, et il a de ces manières ! »  : quelle serait votre réponse automatique et pensez-vous qu’elle serait appropriée pour que le ton de la discussion reste cordial et que votre enfant se sente compris ? 
Que ressentez-vous face à ces jugements hâtifs, ces premiers ressentis négatifs ? 

Et quand il vous dit : «  J’ai trop aimé Mr C., il a l’air trop cool ! » ; « Je me suis déjà fait des amis, j’adore ma classe » : êtes-vous plutôt du genre à vous réjouir pour lui·elle ou à lui dire : «  Pourvu que ça dure! », ou «  Tu dis toujours ça au début et après les histoires arrivent », ou encore «  Et bien, tiens-toi bien en classe et travaille bien et il n’y aura pas de raison que ça change ». Est-ce nos désillusions d’adulte qui parlent ici ? Rester dans un schéma négatif et prédictif nous conforte t-il plus que de laisser ouvert tous les champs des possibles et de prendre les faits tels qu’ils sont exprimés là, dans ce présent ?

 

La plupart d’entre nous n’avons pas été élevés en étant écoutés sans jugement. Il est donc très difficile de le faire spontanément avec nos propres enfants. Et nos automatismes brisent alors souvent leur élan et leur confiance en nous et en eux-mêmes. Cela les met en colère ou les rend tristes, interrogatifs, ou va renforcer leur inquiétude. 

 

Nous avons aussi pour la plupart, oublié ce que nous ressentions face aux réponses de nos parents puisque eux-mêmes, croyant bien faire, faisaient en sorte que nous y attachions peu d’importance : « Oh là là, ça va passer, tu vas voir, tu dis toujours ça au début, et puis après tu te fais des amis ; et oui on ne peut pas aimer tous les profs mais l’important c’est ce qu’il va t’apprendre, pas ses manières, contente-toi d’écouter ; ne reste pas sur cette première impression, qu’est-ce que tu peux être négatif ; comment tu vas pouvoir te faire des amis si tu penses que tout le monde est nul ? » 

Si on nous a parlé comme ça, en niant, en minimisant ou en critiquant nos propos, il est naturel de ne pas savoir reconnaître les émotions de nos enfants, ni de les accueillir juste pour ce qu’elles sont. En revanche, nous avons peut-être bien imprimé les réponses de nos parents et avons tendance à les ressortir à nos enfants. C’est pour cela que nous ne sommes pas en mesure de les écouter sans nous sentir mal à l’aise et, admettons-le, parfois, sans être rabat-joie.

La bonne nouvelle c’est que cela s’apprend. Grâce à un outil puissant : l’écoute active.

 

L’écoute active, en premier lieu, va nous permettre d’accueillir les paroles sans jugement (bon, ça demande un peu de boulot, je ne vous le cache pas, mais avec de l’entraînement je vous assure qu’on y arrive). Après tout, nous n’étions pas avec lui·elle dans la classe, et il·elle a le droit d’avoir des avis. C’est humain, nous faisons tous plus ou moins ça quand nous rencontrons quelqu’un ou que nous arrivons dans un nouveau groupe. Notre enfant devrait pouvoir nous partager cela sans crainte d’être jugé·e. Car derrière ces mots, il y a peut-être une émotion cachée…

 

Par exemple, mon fils vient de changer d’établissement. Nouveaux profs, nouveaux amis à se faire. Vendredi soir, il été passablement énervé. Le cours de maths s’était mal passé, il critique d’entrée sa prof. Il me parle de tout un tas d’autres choses, et je sentais bien que l’émotion était à fleur de peau. Nous marchions sur un fil, un mot mal placé et je savais qu’il pouvait se bloquer et mettre fin à la discussion. Je lui réponds « Ah mince, tu n’as pas accroché avec elle ? » Mais à l’intérieur de moi j’étais presque en PLS : « Oh non, pas la prof de maths, pas déjà, pas tout de suite, pas dès la rentrée ! ».
Je l’écoute un peu, et, parasitée par mes pensées intérieures, je n’ai pas les réponses appropriées. J’y vais de mes petits commentaires de maman moralisatrice (en fait inquiète) et bien sûr, ça ne rate pas, il se froisse et part s’enfermer dans sa chambre en me disant qu’il s’en fout de toute façon des maths, parce qu’il en peut plus de cette matière et qu’il n’a pas l’intention de la bosser cette année, alors qu'on lui prenne pas la tête avec ça. 
Voilà.

 

Délire in petto, à l’intérieur de mon for-intérieur pour moi-même : « bon sang, s'il prend en grippe la prof de maths, il va faire sa tronche de six pans de long pendant les cours ou  bien il va faire le clown et distraire la classe, et là paf, la prof va lui coller une étiquette de perturbateur et va l’avoir dans le collimateur aussi, et là bim l’année est fichue, surtout s’il ne bosse pas, alors là, ça va être encore pire, il va être catalogué cas désespéré, il sera collé tous les vendredis après-midis, et il sera encore plus en colère après elle et blablabla et blablabla …. ». 

 

Ins-pire….. Ex-pire….. Ins-pire…. Ex-pire….. Ins-pire…. Ex-pire……..

 

Après ces quelques respirations, je peux réfléchir correctement. 
Sa première semaine a été intense en émotions ET en informations. Il rentre au lycée. Il change de ville, d’établissement, d’amis, de rythme puisqu’il a voulu être interne. On lui demande d’être plus autonome dans son travail et d’approfondir les cours par des recherches. On lui parle déjà d'orientation, d’options, du bac. Il y a des matières nouvelles comme SCI, STI, STL, SES (et ne me demandez pas à quoi ça correspond, je n’ai pas encore tout enregistré moi-même). Bref, connaissant mon petit, je me dis qu’avant toute chose, il doit être inquiet et légèrement dépassé. Il va lui falloir un temps de digestion et d’adaptation. Et avec lui, ça prend toujours quelques semaines. Voilà, terrain connu et familier, don't panic. Everything is going to be OK. 
Quand il sort de sa chambre, il me dit qu’il va marcher pour se calmer. Je le laisse partir, malgré mon envie de lui partager ce que j’ai pu comprendre. C’est son besoin, c’est ok. Je peux attendre. Nous reprendrons notre conversation plus tard, et je sais qu’avec mon débrief intérieur, je serais plus ouverte et plus à même d’écouter ses ressentis sans me laisser polluer par les miens. 

 

Quand on arrive à faire ce travail de dépollution, l’écoute active permet de rester attentif aux mots de nos enfants. Cette attention favorise la perception de l’émotion qui est cachée dessous et qu’il va falloir deviner. Car notre enfant va rarement nous dire : «  Et bien maman, tu vois, après cette première semaine je suis inquiet·e, j’ai peur de ne pas y arriver, j’ai l’impression d’être déjà dépassé·e, je me sens perdu·e. » 

Mais si nous restons connecté à l’histoire qu’il·elle·s déroulent, sans la détourner par nos questions ou nos propres émotions, et bien, nos enfants se sentirons écoutés, compris, en confiance, et vont tirer plus loin le fil de leur souci jusqu’à se sentir apaisés. Et après tout, c’est bien le but final, non ? Les voir apaisés, heureux·ses, autonomes dans la résolution de leurs problèmes ? C’est le mien en tout cas. 


L’écoute active, utilisée à bon escient, permet cela. Elle favorise un dialogue constructif, elle met en place une relation aidante, autant pour celui qui est écouté que pour celui qui écoute. On se sent plus fort ensemble, et avec nous-mêmes. 

Un outil puissant, je vous ai dit, vraiment puissant. 

 

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Un stage Gordon Parents Efficaces, vraiment ?